Les adolescents – certains adultes, aussi – adorent l’idée de fureter dans les maisons hantées1 . Histoire de se procurer quelques frissons ou émotions fortes. D’une certaine manière, ce même désir serait-il à l’origine du succès des visites des demeures d’écrivains – même lorsque celles-ci n’ont, au fond, rien de terrifiant? Les lecteurs chercheraient-ils à saisir, à ressentir, la présence du fantôme de l’auteur, en se rendant dans son lieu de vie (ou revendiqué comme tel), restauré ou laissé (presque) en l’état ? À l’occasion de la parution du livre d’Évelyne Bloch-Dano, Mes maisons d’écrivains (Stock), il nous a semblé intéressant de nous rappeler que la mythologie d’un homme de lettres tient parfois, au-delà de ses seuls écrits, à une bâtisse. Comme si celle-ci, malgré la disparition de celui qui l’a…
