Barjot, pirate, hâbleur, démago, volcanique, tourmenté… Avec sa tête de ténébreux aux yeux qui brillent, comme éclairés de l’intérieur, Richard Bohringer a eu droit à tous les qualificatifs au fil d’une vie de traverse. Mais c’est celui d’Indien qu’il préfère. Comme les habitants d’un pays sans frontières, sans montre, sans limites. Ses deux parents ont été deux inconnus, « à peine croisés » a-t-il raconté à ses débuts. Le père, Richard, un grand blond, sous-officier nazi, a rencontré la mère, Huguette, une belle Parisienne, au début de la Seconde Guerre mondiale. A la naissance du petit Richard, ils le laissent à sa grand-mère maternelle, Antoinette, qui habite alors un HLM entouré de vergers à Deuil-la-Barre, dans le Val-d’Oise. Débarrassés du nourrisson, ils rejoignent tous les deux l’Allemagne. Envoyé sur le…