Le sujet est allongé, paisiblement endormi. Plusieurs capteurs, disposés de chaque côté de son crâne, enregistrent l’activité électrique de son cerveau. À ses pieds, des hautsparleurs diffusent des séries de quatre syllabes identiques, prononcées par une voix synthétique : « ga-ga-ga-ga ». Parfois, une modification survient sur le dernier son, « ga-ga-ga-ba ». Immédiatement, le cerveau réagit. Dans la région frontale inférieure gauche, que l’on sait impliquée dans le langage, le signal recueilli par les capteurs s’amplifie. Signe que le sujet, même plongé dans le sommeil, a détecté le changement de syllabe.
Rien d’étonnant a priori. Vous, moi, tout individu doté d’une capacité au langage parlé est capable de discriminer inconsciemment les syllabes. Sauf qu’ici, le sujet n’est pas un adulte. Ni même un enfant. Né après seulement 32 semaines…
