Prendre la route, et percer le mystère. Enfoncé dans le siège conducteur de sa voiture, il est nerveux, anxieux. En ce jour d’hiver 2009, Graham Potter ne sait pas vraiment ce qu’il fait, ni même où il va. Il se laisse avaler par l’autoroute M62, traverse ainsi les Pennines, chaîne montagneuse étiquetée “colonne vertébrale de l’Angleterre”, et se gare à Wigan. Là, il lui faut rejoindre un hôtel, où un certain Daniel Kindberg l’attend. “Je ne savais pas, en partant, si c’était une bonne idée d’y aller, glisse Potter. J’avais ma vie à Leeds, où je travaillais à l’université. Ma famille était heureuse, ma femme avait son boulot...” À cet instant, Kindberg, la quarantaine bien portante et la raie sur le côté parfaitement maîtrisée, fait les cent pas dans la…
