—Dites « élégance à la française » et immédiatement s’impose, sous un sépia compassé, l’image de membres d’un proustien Jockey Club ( auquel Proust ne put d’ailleurs, en raison de ses origines, jamais appartenir ), campés sur leurs escarpins vernis, sanglés dans des costumes sobres, chevelures laquées et moustaches calamistrées : élégance début ou fin de siècle, à la Robert de Montesquiou ou Boni de Castellane, dont la formule perdure, sous divers alibis, jusqu’au milieu du xxe siècle. S’arrêter à cela, ce serait oublier déjà Baudelaire et Manet ( sans parler de Barbey d’Aurevilly ) qui s’employèrent à desserrer l’étreinte, et prônaient avec rigueur un certain négligé, une vision on ne peut plus artiste de l’élégance. Peut–être tenons–nous d’ailleurs dans ce contraste une des données essentielles, fondatrices, « structurelles »,…
