Après un récital d’anthologie consacré notamment à Mozart et Chopin et capté en 2008 au Festival de Salzbourg, voici la seconde publication sous « étiquette jaune » du pianiste russe. Elle réunit deux concerts, captés l’un à Varsovie, l’autre à nouveau à Salzbourg, et crée encore le choc. Sokolov est unique parce que son jeu mélange un contrôle absolu, l’imprévisible et un toucher d’une plastique incomparable qui se nourrit, paradoxalement, de prises de risques constantes (une note accrochée dans l’Impromptu en mi bémol majeur, il en fallait une, heureusement). La première série des quatre Impromptus, celle de l’Opus 90, D 899, dévoile, au-delà de leur lenteur, une singulière gravité. À chaque note, presque, correspond une couleur, la touche supplémentaire et infime d’une organisation poétique qui se fond dans une maîtrise…
