Maurice Abravanel (1903-1993) et l’Orchestre symphonique de l’Utah réalisaient en 1966, pour Vanguard, la première gravure mondiale d’Amériques. Un demi-siècle après, son formidable impact est intact. Abravanel ne se contente pas de souligner l’éruptive âpreté d’une œuvre dont la création par Leopold Stokowski, en 1926, avait scandalisé la bourgeoisie wasp de Philadelphie, il s’attache également à faire saillir l’hédonisme contemplatif présent dans les replis de sa coruscante orchestration. Proche dans sa jeunesse de tout ce que l’Europe musicale comptait de célébrités – Busoni, Weill, Hindemith, Milhaud, Stravinsky, Ansermet, Walter, Diaghilev, Balanchine –, Abravanel savait en effet que Varèse, au-delà de son image d’« homme en colère », était, à l’époque de sa composition, un esthète aux allures de dandy. Malgré tous les mérites de Boulez, Chailly, Jansons et Tilson Thomas,…
