Si l’empire d’Autriche-Hongrie couvre avant guerre plus de 620 000 km2 (1,14 fois la France métropolitaine actuelle), sa carte ethnique est un patchwork où les peuples « autrichiens » germanophones ne représentent que 23,4 %, devant les Hongrois (19,6 %), les Tchèques (12,5 %), les Serbo-Croates (10,9 %), les Polonais (9,7 %), les Ruthènes (Ukrainiens; 7,8 %) et autres Roumains, Slovaques, Slovènes, Bosniaques, Italiens, sans oublier les juifs de toutes langues, qui représentent 4,4 % de la population. Au total, on dénombre dix grandes nationalités et cinq religions. Avant même que le Serbo-Bosnien Gavrilo Princip n’allume la mèche à Sarajevo, l’empire est un baril de poudre menacé d’explosion par d’innombrables mouvements séparatistes. L’armée, naturellement, n’échappe pas à ces tensions, qui nuisent à sa cohésion. Les Serbes, Tchèques, Slovaques ou Ukrainiens…
