Élevé à Milan, au début du Novecento, dans une famille aristocratique d’ascendance danoise, Guglielmo Ulrich a vécu toute la pesanteur plastique de cet univers, lourd de ses étouffants stores vénitiens en soie froncée. Ce goût de l’ornement, cette suprême horreur du vide, le jeune peintre amateur connaît. Il s’inscrira en architecture, à l’Académie des beaux-arts de Brera, avant de terminer ses études de la discipline au Politecnico de Milan. De l’urbanisation de la ville dans les années 20 aux années de plomb des seventies, Ulrich va mener, même pendant la guerre, une longue suite de chantiers d’architecture d’intérieur. Longtemps, sa clientèle et les hautes sphères, dont il est issu, ne font qu’un. Mais, sans choquer, il aime surprendre. En 1930, Guglielmo Ulrich a 26 ans. Il fonde son studio, baptisé…