Au XXe siècle, elles ont été plutôt rares, ces femmes qui sont parvenues à exister dans les domaines du design et de l’architecture intérieure, longtemps dominés par la gent masculine. Très peu connue du grand public, Janette Laverrière (1909-2011) fait partie de celles-ci (lire aussi «Rétrovision», p. 158-167). Personnalité multifacettes, artiste, designer mais aussi activiste politique, la Franco-Suisse refusait d’être assignée à une seule discipline, encore moins à son genre. Difficile d’échapper au destin familial. Elle grandit dans un milieu d’artistes et d’intellectuels qui lui offre très tôt la possibilité d’exprimer sa sensibilité. Son père n’est autre qu’Alphonse Laverrière, architecte suisse reconnu. Elle étudie à l’Allgemeine Gewerbeschule, à Bâle, avant d’intégrer, en 1931, l’atelier du célèbre décorateur français Jacques-Émile Ruhlmann, à Paris. Elle se lance ensuite avec son mari, Maurice…