Les stéréotypes qui courent sur Bollywood, et de là sur tout le cinéma indien, vont bon train. Dans l’imaginaire collectif occidental, les films bollywoodiens se résument à des comédies dont le nœud gordien serait une histoire d’amour impossible ou une ambition empêchée – du fait des pesanteurs sociales, du système des castes, des différences religieuses –, mais qui se résoudrait en happy end, avec, entre-temps, des chants et des danses mettant en branle une nuée d’interprètes et de figurants, le tout mis en scène dans des décors pharaoniques. En somme, des œuvres un tantinet kitsch, sirupeuses et maximalistes. Alors, certes, ce genre de films existe, et d’ailleurs les scènes chantées et dansées qu’ils contiennent, celles qui tirent leur origine du théâtre traditionnel hindi, mais qui, depuis les années 80, puisent…