Pas plus tard qu’il y a un an, ils étaient nombreux, encore, à parler du « petit Emmanuel ». Chacun lui avait tout appris. Patrons d’entreprise, briscards de la politique, éminences en visite entre chien et loup… « C’est quelqu’un de bien, le petit Emmanuel, il ira loin », disaient-ils, avec des yeux attendris de Pygmalion, trop pleins de leur empire sur le petit prince pour voir l’ambition folle qui précipitait sous les boucles blondes. « Il ira loin, le petit Emmanuel. » Le voilà à l’Elysée !
Comme le chat de Kipling, ce chat qui s’en va tout seul et pour qui tous les lieux se valent, il a largué les amarres d’un socialisme Po temkine – qui n’avait du reste jamais voulu de lui – pour foncer, en…