Ce recueil de lettres a été publié par erreur dans une collection littéraire : il devrait se trouver dans une collection de zoologie. L’image de couverture croit nous tromper en donnant une apparence d’homme à un animal bien reconnaissable. Ces moustaches dressées comme des antennes, cette canne pareille à une trompe, cette cambrure défiante : l’être qu’on nous présente comme l’écrivain Robert de Montesquiou est, nous l’avons reconnu, un scorpion. A l’intérieur du volume, on assiste, comme dans un film animalier au ralenti, à l’évolution de ses rapports avec un autre être, un humain supposé, nommé Marcel Proust, dont nous nous rendons compte, à sa façon d’écrire, qu’il est un poulpe. Respiration lente. Phrases aquatiques, lentes et sinueuses, révélant leur être-patte : longues, mouvantes, affectueuses, s’approchant avec le plus grand…
