Recep Tayyip Erdogan a le sens du timing. Le 23 octobre, une semaine exactement avant le G20, le président turc s’en est pris à dix ambassadeurs occidentaux, dont ceux de la France, de l’Allemagne et des Etats-Unis. Coupables d’avoir défendu Osman Kavala, philanthrope turc emprisonné depuis quatre ans sans jugement, ces diplomates sont désormais personæ non gratæ en Turquie, mais ne seront pas expulsés. Et pour cause, Ankara n’a pas les moyens d’une opposition frontale avec l’Occident. La livre turque, qui a perdu un quart de sa valeur depuis le début de l’année, a plongé à son plus bas niveau historique au lendemain des sanctions, et les investisseurs étrangers fuient le pays, alors que les caisses sonnent creux et que l’inflation atteint 19,5 %. « Par peur de perdre le…