Il était le symbole de cette bulle dans laquelle semble parfois vivre la Corse. Pour la plupart des Français, Yvan Colonna, décédé le 21 mars, était resté ce participant au commando Erignac, le 6 février 1998, un terroriste qui considérait que la lutte politique peut se mener en versant le sang. Comme, avant lui, l’OAS ou Action directe. Comme, après lui, les djihadistes responsables des attentats de Charlie Hebdo, du Bataclan, de Nice. Pour les Corses, c’était différent. Il y avait bien sûr ceux qui, discrètement, prenaient leurs distances. On les entendait peu. Nombre d’insulaires considéraient Yvan Colonna comme un brave type, victime d’une erreur judiciaire, une « vengeance d’Etat », tel que l’écrit Corse matin, ce 22 mars.
A y regarder de près, l’affaire ne pouvait qu’attiser les rancoeurs…