ON POURRAIT APPELER CELA LE VOYAGE À CERGY, comme il y eut le pèlerinage à Saint-Florent-le-Vieil (Julien Gracq). Nombreux sont ceux qui, parmi les contributeurs du Cahier de L’Herne consacré à Annie Ernaux, l’ont effectué. Alors, on leur a emboîté le pas. Métro, RER A, bus, quelques foulées et nous voilà devant un paysage éternel d’Ile-de-France, avec ses chênes, sa rivière… Nulle tour de la ville nouvelle à l’horizon, mais la maîtresse des lieux, toujours aussi rayonnante. Avec son corps élancé et son rire cristallin de jeune fille, Annie Ernaux, 81 ans, semble défier les lois du temps, ce temps qu’elle sublime, de livre en roman, depuis 1974 et Les Armoires vides.
Voilà près de cinquante ans, en effet, que la star de l’autobiographie collective cherche l’art « de mettre…