Ala terrasse d’un café cossu, à deux pas de l ’Opéra de Paris, Mohamed, paré de son éternel boubou bleu ciel et d’un turban blanc, se fiche bien des regards curieux des passants. Les yeux rivés sur l’écran de son téléphone, ce bijoutier nigérien guette les messages de ses proches, à plus de 3 000 kilomètres de là, dans la région d’Agadez, la cité historique du nord du Niger, aux portes du désert. Le président Mohamed Bazoum renversé par l’armée, la menace d’une intervention militaire régionale, la fermeture de l’espace aérien, la hausse des prix liée aux sanctions économiques… Bloqué à Paris, l’artisan suit les dernières nouvelles de son pays, triste et impuissant. « Je veux rentrer chez moi, j’ai peur pour ma famille, qu’ils manquent de nourriture et que…
