Il avait 20 ans à l’aube du XXe siècle, l’âge de l’incandescence et des amitiés fulgurantes. André Derain (1880-1954) a peint, expérimenté, innové, entraînant avec lui d’autres jeunes artistes, dont des futurs monstres : Matisse, Picasso, Apollinaire… À partir de mercredi, le Centre Pompidou à Paris consacre une exposition éblouissante à cet acteur majeur des avant-gardes entre 1904 et 1914, date de son départ à la guerre qui le marquera à jamais.
En 1904, ce fils d’un prospère crémier-glacier de Chatou termine enfin son service militaire. Trois ans d’ennui, à peindre (un peu) et à visiter des expositions (beaucoup) pendant ses permissions. André est un jeune homme enthousiaste, brillant, exalté qui se balade à bicyclette, dessine des croquis à tout-va, copie les maîtres au Louvre et se fait des potes…