Question logique et terrible : « Comment une telle femme a-t-elle pu enfanter deux artistes si exceptionnels? » Autrement dit, comment Louise-Athénaïse Claudel, « cette mère corsetée jusqu’au cou, le visage fermé », a-t-elle pu donner le jour à Paul Claudel et à Camille Claudel, l’un grand écrivain, l’autre grand sculpteur ? Qu’une femme aussi obtuse, insensible, rigide, enfermée dans ses dogmes, ses peurs et son confort moral soit la mère de deux artistes dont la liberté créative, l’un avec des mots, l’autre avec du marbre, du plâtre ou du bronze, continue de nous éblouir, cela relève du miracle.
Du père, Louis-Prosper Claudel, 1826-1913, administrateur de sociétés, il n’y a pas grand-chose à dire. D’ailleurs Colette Fellous en dit peu, sinon qu’il est mort quelques jours avant que Camille soit…
