« Je travaille à la chaîne : je lave une personne, fais son lit et passe à la suivante. En théorie, j’ai vingt minutes par chambre ; en réalité, plutôt dix à quinze. » Sonia*, 50 ans, n’en peut plus. « Si cela continue, je passerai à mi-temps », déplore-t-elle. Elle fait partie des 390.000 aides-soignantes qui, à l’hôpital ou en maison de retraite, assurent l’hygiène et le confort des patients en collaboration avec les infirmiers. Une profession féminisée à plus de 85 %, multitâche, et la moins payée dans la catégorie « soignants ». Sonia gagne 1.300 euros net, primes dominicales comprises, avec douze ans d’ancienneté.
Dans le domaine de la santé, cette masse laborieuse – la plus nombreuse après les infirmiers – subit de plein fouet la rigueur…