Biographe de François Mauriac, éditeur de la collection « Bouquins », Jean-Luc Barré a placé en épigraphe de son premier roman, Pervers, cette citation d’Emmanuel Carrère : « Je me demande si écrire, pour moi, revient nécessairement à tuer quelqu’un. » Autrement dit, l’écrivain se nourrit de la vie, du sang et du souffle de personnes de rencontre, mieux de son entourage. C’est un prédateur, un vampire, un assassin. C’est un monstre. Le célèbre romancier Victor Marlioz se targue même d’être « l’un des pires ». Il revendique avec orgueil d’avoir été un mauvais fils, un mauvais père, un mauvais mari, mais d’avoir écrit de bons romans, traduits dans toutes les langues. Son œuvre est une longue suite de succès, sa vie une cascade d’échecs, de méfaits, d’attitudes indignes. Non…
