C’EST UN DRAME qui relance le débat. La femme soupçonnée d’avoir volontairement déclenché en début de semaine l’incendie d’un immeuble parisien, qui a fait 10 morts et 96 blessés, venait de sortir d’un séjour en hôpital psychiatrique, sa treizième hospitalisation en dix ans, « sur décision médicale ». Certains estiment que la tragédie pourrait être liée au manque chronique de moyens d’un secteur considéré comme le « parent pauvre » de la médecine.
Depuis des mois déjà, le milieu se mobilise. Le 24 janvier, quelque 300 médecins, infirmiers et proches de malades, rassemblés à Paris, réclamaient « davantage d’effectifs ». Car, si l’on privilégie la prise en charge ambulatoire, la diminution du nombre de lits de psychiatrie à l’hôpital – de 60 % entre 1976 et 2016 – n’a pas…