Un ami s’en va. Le chagrin surgit, le souvenir d’une complicité, celle d’un jeune « frère » avec lequel j’ai vécu des moments d’intense complicité. Mais c’est aussi la stature d’un grand journaliste, ce que l’on appelle un « pro ». Ça ne se définit pas, un « pro ». On les reconnaît immédiatement à leur regard, leur langage, la gestuelle, la voix, leur passion pour l’information et pour l’image. Olivier Royant, 58 ans, qui a dirigé Paris Match pendant près de vingt ans, appartenait à cette catégorie, rare, des « pros ». Il laisse une « maison » en larmes. Car Match, comme beaucoup d’organes de presse, c’est une maison, une famille, et Olivier Royant l’a conduite, l’a incarnée, l’a tenue en main, digne héritier de Roger Thérond et…