Soudain, la marinière, cet incontournable des étés chics, en a pris un coup. Dans Rayures, une histoire culturelle (Seuil, 2021), voilà que l’historien Michel Pastoureau nous rappelle ce que tout le monde a oublié : à l’origine, le vêtement rayé servait à distinguer les bannis et les relégués. « Au cœur du Moyen Âge occidental, la rayure était péjorative », explique le médiéviste, qui fut le premier à consacrer un livre à ce motif, pas aussi lisse qu’il n’y paraît. De l’hérétique au lépreux, en passant par le bourreau et la prostituée, tous étaient alors affublés de vêtements rayés. Un symbole négatif inscrit dans l’inconscient collectif ? « Mon éditeur trouvait le sujet extravagant, voire bizarre, sourit l’historien. Titrée L’Étoffe du diable, la première édition, en 1990, était un tout…