La fatwa, les amis de Rushdie, ses lecteurs, Rushdie lui-même, avaient fini par ne plus y penser.
Il vivait, à New York, une vie presque normale.
Il n’avait plus, depuis des années, qu’une sécurité discrète, presque invisible.
Et je me rappelle ce jour, peu après son élection, où le président Emmanuel Macron nous avait reçus autour d’un café et s’était étonné qu’il soit si peu protégé : « Je n’ai pas l’âme d’un martyr ! avait répondu Salman en riant, je ne suis qu’un écrivain ! pourquoi en voudrait-on, autant, à un écrivain ? »
Eh bien il se trompait.
Ce genre de tueurs ne lâche jamais.
Vous pouvez les mépriser, oublier les chasseurs de primes ou les fous que l’Histoire lâche à vos trousses, la meute, elle, ne vous…