Foin des clichés ! Non, l’automne, ce ne sont pas seulement « Les sanglots longs / Des violons » qui blessent le cœur, Phébus et Borée qui parient, se chamaillent, le soleil qui arase les reliefs ou, encore, les « froides ténèbres » baudelairiennes. Certes, les tons se fanent, les jaunes pâlissent, les feuilles roussissent, la nuit est strictement égale au jour à l’équinoxe et, au vrai, la nature des sentiments varie. Pour autant, ils n’en sont pas moins vifs à l’instar du pourpre qui éclate. La saison rend l’amour fou, nous dit André Breton, elle a des « mains de velours » chante Aragon, ému, quand il rencontre Elsa, elle ravive les souvenirs, comme le note Flaubert dans Novembre : « Quand les arbres n’ont plus de feuilles, quand…