Envoyée spéciale, Cayenne
Il est 18 h 30. La nuit tombe sur Cayenne dans la moiteur équatoriale. Matthieu, surnommé « le Major », rejoint ses coéquipiers Dinah et Yoan. Tous trois appartiennent à la BAC nuit, la Brigade anticriminalité de Cayenne, chargée de sécuriser une ville de 23 km², coincée entre squats et quartiers dits « sensibles ». Officiellement, Cayenne compte 60 000 habitants, « mais avec les sans-papiers, tu doubles ce chiffre », glisse l’un des membres de l’équipe. Haïtiens, Brésiliens, et depuis quelques mois Syriens traversent la frontière en pirogue via le Suriname. Le contexte géopolitique rend ces zones, terrains de l’orpaillage illégal et du trafic de stupéfiants, difficilement contrôlables. Résultat : le territoire est saturé d’armes, des Glock venant des États-Unis transitant par le Suriname ou des…