Mon rêve dans la vie aurait été d’être totalement invisible, murmurait Vincent Munier. Avec Sylvain Tesson, qui relatait cette confession dépitée dans La Panthère des neiges (Gallimard), ils venaient de faire détaler un troupeau de kiangs, des ânes sauvages, sur un plateau tibétain. Dans son nouveau film, Le Chant des forêts, un éblouissement qui invite au recueillement, Munier n’est pas tout à fait invisible, mais bien effacé devant les forêts vosgiennes où s’est forgé son regard. « Le plus grand photographe animalier de son temps, dont les images de loups, d’ours et de grues impeccables se vendaient à New York », écrivait Tesson, est né ici, à douze ans, avec sa première photographie d’un chevreuil.
On l’entend respirer, guetter l’apparition attendue, murmurer, mais il laisse toute leur place aux lumières embrumées…