«La nuit s’achève ». Le titre du nouveau ballet de Benjamin Millepied avait, vendredi soir dernier, jour de la première et lendemain de la journée qui l’aura vu jeter l’éponge, un accent ironique. Comme un message subliminal, lancé à qui voulait bien l’entendre. Au directeur de l’Opéra de Paris, Stéphane Lissner, surplombant la scène, seul dans sa corbeille ? Aux spectateurs venus voir, certains alléchés par le parfum du scandale et peut-être l’odeur du sang, la nouvelle création de la star rebelle ? Ou à ses danseurs qui, sur la scène de Garnier, se livrent, sur l’« Appassionata» de Beethoven, à une prestation enthousiasmante, cheveux lâchés, portés fluides, amants emportés, emportant. Dix minutes d’ovation pour le chorégraphe de 38 ans qui lance, quelques minutes plus tard, dans les couloirs dorés…