Poche. Il fait froid, humide et gris dans ce roman, quelque part dans un Nord qui semble l’avoir perdu, entre centrales nucléaires, zones industrielles et chantiers méthaniers. Tout y est d’acier (façon Silvia Avallone), le cosmos, les vies, les âmes, les six hommes et la femme qui s’y traînent. Le temps est lent mais pas le rythme, intense et obsédant, les ciels sont bas, jamais épuisés d’orages, le monde pue, l’homme est un loup pour l’homme et Dessaint joue les bergers. Sa langue, violemment poétique, nerveuse, fait des étincelles (« oui, parfois, être méchant c’est être juste »). Cyril, ouJérôme, ou Wilfried, Gilles, Michel… Les ombres se connaissent, ou pas, qu’importe, elles ont en commun leurs sales histoires, leurs gueules cassées par la crise et leur peu de chances de…
