Cet homme avait la passion de croire. Et il croyait d’abord que le malheur des hommes était la plus grande merveille de l’Univers. Afin d’en administrer la preuve, il écrivit plus de 4 000 pages tout en vociférations, hurlements, ricanements ou anathèmes, que l’on peut consulter au hasard : partout, des nappes de bile, des hoquets de colère, des incantations parfois sublimes, des prières, des jurons où barbotent, pêle-mêle, la République, Saint-Sulpice, le capitaine Dreyfus, Satan, Dieu, le petit père Combes, l’or, les pauvres, les licornes, les saints.
Lue de loin, cette oeuvre à laquelle Léon Bloy voua son existence – et dont la prestigieuse collection « Bouquins » rassemble les principaux essais – pourrait se confondre avec une excroissance médiévale ; ici des gargouilles, là des goules, ailleurs des…