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Tout est-il bon dans le Macron ? Le président est-il vraiment en train d’inventer une France nouvelle ? Dans un essai jouissif, « Le nouveau pouvoir » (1), Régis Debray, notre grand ronchon national, ausculte la partie immergée de l’iceberg macronien. A moins de s’appeler Simone Weil ou Thérèse de Lisieux, on ne fait pas de bons livres avec de bons sentiments. Régis Debray n’est ni l’une ni l’autre. Il y a dans « Le nouveau pouvoir » quelque chose de délicieusement grinçant qui met tout de suite le lecteur dans sa poche. Plus que celui de Macron, il instruit le procès de notre époque dont le président semble à bien des égards le reflet. Comme Michel Onfray, Alain Finkielkraut et tant d’autres, Régis Debray aurait pu écrire lui-même cette…
Que c’est dur de le dire… Deux femmes tuées à Marseille, poignardée pour l’une, égorgée pour l’autre, aux cris de « Allahou akbar ». Et, à Las Vegas, une soixantaine de personnes massacrées à l’arme automatique lors d’un concert. La France et l’Amérique sous le choc, entre larmes, colère et inquiétude. Au même moment sort chez nous le livre lumineux de Steven Pinker « La part d’ange en nous » (Les Arènes). Sa thèse ? Le déclin historique de la violence… Le propos de ce professeur à Harvard, l’un des intellectuels les plus importants de notre époque, est argumenté et très documenté (voir p. 163). Sa démonstration est extrêmement sérieuse et pourtant quasi impossible à exprimer ces jours-ci. A moins de passer, au mieux, pour un idiot béat, au pire,…
« Nabokov, 6 juin 1944 : “A 2 h 30 pile, j’ai eu envie de vomir, ai tout juste eu le temps de courir dehors – et cela a commencé : vomissements absolument homériques, diarrhées sanglantes, spasmes…” » Quand il ne voyait pas Véra Slonim, sa fiancée russe de 1923, épousée à Berlin le 15 avril 1925, Vladimir Nabokov lui écrivait tous les jours. Hélas pour nous, il la voyait souvent et, à partir de leur installation aux Etats-Unis, en mai 1940, presque tous les jours. Ça fait que, au lieu d’avoir un volume de correspondance de 2 000 ou 3 000 pages, on n’en a qu’un de 786 pages, abondant appareil critique compris. Dans « Lettres à Véra » (Fayard, 36 euros), il n’y a aucune lettre de Véra…
En Italie du Nord, la Vénétie et la Lombardie organisent à leur tour des référendums le 22 octobre. Tocqueville, dans « L’Ancien Régime et la Révolution », énonça son fameux paradoxe selon lequel le risque de renversement d’un régime politique est le plus élevé non pas au pire de la crise mais lorsque la situation s’améliore. L’Espagne en offre une nouvelle et saisissante illustration. D’un côté, elle a réussi à surmonter le terrible choc provoqué par l’éclatement d’une des plus gigantesques bulles immobilières et financières de l’Histoire, qui a provoqué une chute de 10 % de son produit national entre 2003 et 2013 et porté le taux de chômage à 27 % de la population active. Depuis 2014, elle a renoué avec la croissance, qui atteint 3,2 % en 2017…
Les propos du chanteur Florent Pagny évoquant son projet de s’installer au Portugal pour y payer moins d’impôts ont beaucoup choqué les belles âmes, résolument citoyennes mais fiscalement pudibondes. A celles-ci on recommande la lecture du rapport « Statistiques des recettes publiques 2016 » de l’OCDE, qui place la France au rang de vice-championne du monde des prélèvements obligatoires, avec 45,5 % du PIB, talonnant de près le Danemark (46,6 %), mais distançant très largement les autres grands pays industrialisés (36,9 % du PIB en Allemagne, 32,5 % au Royaume-Uni, 32 % au Japon, 26,4 % aux Etats-Unis). Après son tube « Ma liberté de penser », qui témoignait déjà chez le membre du jury de « The Voice » d’indéniables aptitudes pour la réflexion métaphysique, l’annonce de son prochain…
La grande question ne serait-elle pas plutôt : le logement social d’abord pour qui ? Emmanuel Macron a annoncé, mi-septembre à Toulouse, un plan, Logement d’abord. En juillet, il avait lancé : « Je ne veux plus, d’ici la fin de l’année, avoir des femmes et des hommes dans les rues, dans les bois ou perdus. C’est une question de dignité. » Le concept de logement d’abord relève-t-il de la solution miracle ? La proposition comprend essentiellement une nouvelle stratégie pour les SDF : il s’agit de faire prévaloir l’accès immédiat à un logement stable par rapport à des passages répétés dans des services d’hébergement. Adaptant des expériences d’autres pays (Etats- Unis, Irlande, Danemark), la démarche concerne deux publics. Pour la plupart des personnes et ménages sans domicile, des logements…