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La grande erreur des médias, c’est de croire que l’Histoire est du passé qui recommence indéfiniment. Or celle-ci est toujours faite de ruptures, de surprises, de retournements. C’est pourquoi ils se sont encore ridiculisés sur la Catalogne en jouant à fond, Bisounours qu’ils sont, la carte indépendantiste. Mauvaise pioche. Appliquant à la lettre le « Petit Lénine illustré » qui permet aux minorités agissantes de s’arroger le pouvoir, Carles Puigdemont, le président catalan, semblait avoir le vent en poupe avec sa clique de Pieds Nickelés. Malgré son absence totale de charisme et de jugeote, il était encensé sur tous les tons par nos chers confrères au bord de l’orgasme. Plus dure aura été la chute. Après avoir remporté son référendum sur l’indépendance avec 90 % des voix (et un taux…
Souvenez-vous, c’était en 1990 : la profanation du cimetière juif de Carpentras ébranle le pays. Les manifestations se multiplient. La France est en colère… C’était il y a vingt-sept ans, une éternité. La semaine dernière, la stèle portant le nom d’Ilan Halimi, torturé et assassiné parce qu’il était juif, a été vandalisée pour la deuxième fois. Il y a bien eu des indignations et un rassemblement. Mais l’intensité de la réaction a baissé. Que s’est-il passé ? S’est-on habitué, cinq ans après les crimes de Mohammed Merah, qui tirait dans la tête d’enfants parce qu’ils étaient juifs ? S’est-on découragé, deux ans après l’attentat de l’Hyper Cacher ? Et cette lenteur avec laquelle a été reconnu le caractère antisémite du meurtre, au mois d’avril, de Sarah Halimi… Ne veut-on plus…
Je me souviens combien les Européens – médias, intellectuels et gouvernements confondus – ont été contents lorsque, à la fin du siècle dernier, les Slovènes, puis les Croates, suivis des Bosniaques et, enfin, les Kosovars décidèrent, chacun leur tour, de quitter la Yougoslavie. Les indépendantistes reçurent presque aussitôt renforts médiatiques et aide militaire. On en eut plein la bouche, du droit des petites nations à disposer d’elles-mêmes. Belgrade, qui tentait de conserver l’unité yougoslave comme le font ces jours-ci le roi d’Espagne et son Premier ministre pour l’unité espagnole, fut abreuvée d’insultes et de menaces avant d’être tout bonnement bombardée par une coalition internationale. Bombarderait- on aujourd’hui Madrid ? On mit, sur les murs de Paris, la moustache de Hitler à Slobodan Milosevic, décédé depuis à La Haye après un…
La croissance, cette fois, est bien là. François Hollande, pour l’avoir euthanasiée avec le choc fiscal de 2012, l’a vainement attendue pendant cinq ans – et l’inversion de la courbe du chômage avec elle. Emmanuel Macron, pour avoir rétabli la confiance des entrepreneurs et des investisseurs, l’obtient d’emblée. L’activité progressera en France de 1,8 % en 2017, ce qui est inférieur à la performance de la zone euro (2,3 %), mais plus de deux fois supérieur à la moyenne nationale depuis 2010 (0,7 %). Mieux, la reprise se diffuse à tous les secteurs, y compris l’industrie, qui affiche une production en hausse de 2,5 % et crée de nouveau des emplois. Elle est équilibrée, car elle ne repose pas sur la seule consommation, mais aussi sur le redémarrage de l’investissement…
Si elle ne nourrit plus aujourd’hui, comme ce fut le cas pendant des siècles, la lutte des classes, l’alimentation n’en reste pas moins un puissant marqueur social, aussi révélatrice des inégalités de revenus que le quartier où l’on habite et les prénoms que l’on donne à ses enfants. Il n’est pas besoin d’avoir fait des études de sociologie très poussées pour observer que les habitués des kebabs ne sont pas ceux des restaurants étoilés, que la clientèle des magasins de hard discount a peu de traits communs avec celle des magasins spécialisés dans le bio, et que les amateurs de quinoa sont moins nombreux en Picardie que dans le 11e arrondissement de Paris. Dis-moi ce que tu manges, je te dirai combien tu gagnes… Selon la monumentale étude publiée cet…
Le 20 septembre, la revue Nature publiait une étude du Francis Crick Institute de Londres sur la modification génétique de plusieurs dizaines d’embryons humains. Il s’agissait d’embryons surnuméraires conçus par fécondation in vitro (FIV) et cédés à la recherche parce que non utilisés dans le cadre d’une procréation médicalement assistée (PMA). Cette manipulation génétique a-t-elle suscité des réactions ? Non, si ce n’est quelques lignes ici ou là. La banalisation de la modification génétique de l’embryon est en marche, et la multiplication des expérimentations fait office de légitimation larvée. La première annonce scientifique sur le sujet est venue de Chine, en avril 2015. Cette intrusion sans précédent, avant la naissance, dans le patrimoine génétique de l’espèce humaine a suscité à l’époque indignation ou enthousiasme. Des scientifiques américains, et non des…