Arrêtons de nous regarder le nombril et observons plutôt ce qui se passe derrière. Boyaux, tripes, estomac et leur kyrielle de microbes ne semblent être guère plus qu’un système de tuyauterie, au demeurant peu ragoûtant, voué à gérer la course des aliments dans le corps. Il est temps de rendre ses lettres de noblesse à « l’organe mal-aimé », comme l’appelle Giulia Enders, dont l’ouvrage hilarant, « Le charme discret de l’intestin » (1), fait le tour du monde depuis deux ans.
Il faut désormais considérer notre ventre comme sensible et intelligent, car il influence secrètement notre sommeil, notre anxiété, nos défenses naturelles, notre réactivité intellectuelle, notre mémoire, notre poids, nos goûts alimentaires, nos humeurs et même notre personnalité. Rien dans nos vies ne semble échapper à son contrôle. Un…