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Il arrive que les plus belles idées finissent mal. Par exemple, les droits de l’homme ont donné naissance, il y a quelques décennies, à leur caricature: une névrose qu’on appelle le droit-de-l’hommisme. Il consiste, pour l’essentiel, à clabauder en meute contre les tyrans de passage à Paris, parfois même contre de prétendus dictateurs dont le tort est de penser différemment. Déshonorant pour la France fut ainsi le traitement réservé par les droits-de-l’hommistes au président égyptien, lors de sa dernière visite: coupable de vouloir éradiquer l’islamisme qui ensanglante son pays, notamment parmi la communauté chrétienne, Abdel Fattah al-Sissi fut attaqué d’une même voix par tous les perroquets du camp du « bien », comme toujours dans les mauvais combats. Le maréchal Sissi a pourtant été élu à la présidence de son…
C’était il y a trois ans. La rédaction de Charlie Hebdo était massacrée par deux assassins au nom – quelle imposture! – de l’islam. C’était il y a trois ans et on ne s’en remet pas. On n’en revient pas non plus d’entendre encore dire en France que le journal de Cabu, Charb et Wolinski se livrait, et se livre même après leur mort, à une « guerre contre les musulmans », reprenant la rhétorique des tueurs. On se pince toujours, d’ailleurs, en écoutant ceux qui abusent de ce vocable englobant et essentialiste: « les musulmans ». Comme s’il s’agissait d’un bloc. Comme si ceux qui sont désignés par là se définissaient avant tout par leur religion. A ces idiots inutiles conseillons de regarder ce qui se passe dans certains…
Un seul rappel, sans doute involontaire, de l’existence du Führer, qui ne mangeait jamais de viande: abondance, autour de sa dernière demeure, de restaurants végétariens. Les copropriétaires et locataires du n° 77 de la Wilhelmstraße, en face de la nouvelle chancellerie à la laideur joyeuse et poétique propre à l’architecture berlinoise, savent-ils qu’ils habitent au-dessus du bunker où, à 8,20 mètres sous terre, Adolf Hitler s’est marié et a mis fin à ses jours dans la nuit du 29 au 30 avril 1945 ? Aucune trace, dans ce lieu historique, de l’un des événements les plus dramatiques de la Seconde Guerre mondiale. Un seul rappel, sans doute involontaire, de l’existence du Führer, qui ne mangeait jamais de viande: abondance, autour de sa dernière demeure, de restaurants végétariens. La Friedrichstraße n’est…
Dans certains endroits, 70 % des revenus proviennent d’argent public, selon Laurent Davezies. Tous les imprévoyants qui ont eu la mauvaise idée d’aller faire in extremis leurs courses de Noël peuvent confirmer le diagnostic établi par les économistes de l’Insee: la consommation des ménages fait preuve d’un très grand dynamisme qui devrait permettre à la croissance d’atteindre cette année 1,9 %, son plus haut niveau depuis six ans. Conséquence logique de cette embellie, le chômage semble amorcer une vraie décrue (29 500 demandeurs d’emploi de moins en novembre). Il serait temps, quand on sait que la courbe du chômage a commencé à s’inverser en Europe depuis déjà plus de quatre ans et que son taux moyen se situe, dans les 35 pays de l’OCDE, à son plus bas niveau historique…
Le XXe siècle fut américain. Les Etats-Unis firent la décision en 1918, 1945, 1989, assurant la victoire de la démocratie à l’issue des trois grandes guerres conduites au nom des idéologies. Après 1945, ils réassurèrent la stabilité du système international et du capitalisme. Pour toutes ces raisons, ils s’imposèrent comme la nation indispensable. Donald Trump a changé la donne, transformant le déclin relatif de l’Amérique depuis le début du XXIe siècle, sous l’effet conjugué de la mondialisation, des guerres perdues d’Afghanistan et d’Irak et du krach de 2008, en déclin absolu. Un an après sa prise de fonctions, il confirme que le populisme accroît les maux qu’il dénonce: paralysie des institutions, inégalités, désintégration de la classe moyenne, risques sécuritaires. La preuve que la démagogie n’est pas compatible avec l’exercice du…
«Tous les êtres humains ont le désir inné de vivre, d’être libres et de poursuivre le bonheur », écrit le psychologue cognitiviste Steven Pinker dans « The Blank Slate ». La quête du bonheur n’est pas une recherche passagère: naturelle et universelle, elle obsède le commun des mortels et a occupé les plus grands penseurs. Trois récentes séries d’études éclairent notre compréhension du phénomène. Jusqu’ici, le bonheur avait été peu étudié par les neurosciences. C’est chose réparée: des neuroscientifiques viennent de démontrer que le bonheur – au sens de bien-être subjectif – dépendait non pas de l’accumulation de biens matériels, mais du niveau de nos attentes. Certes, plus nos attentes sont élevées, plus notre bien-être subjectif augmente. Mais, par ailleurs, plus la surprise – la différence entre un événement réel…