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L’islam est-il soluble dans la République? Telle était la grande question à la mode il y a une quinzaine d’années. Force est de constater qu’aujourd’hui, dans certaines parties du pays, c’est la République qui est en train de se dissoudre dans l’islam, dans un climat d’exténuation générale, sous nos yeux de pigres malvoyants. Accablant était le constat de Gérard Collomb déclarant le jour de son départ du ministère de l’Intérieur, à propos de la ghettoïsation en marche dans notre République: « On vit côte à côte et je le dis, moi, je crains que demain on ne vive face à face. » La France n’empêchera la réalisation de la prophétie du maire de Lyon que si elle se décide enfin à défendre ses valeurs, ses principes. Réveillez-vous, Ferdinand Buisson, Aristide…
C’était il y a 170 ans. Le 31 juillet 1848 sortait le premier numéro du journal L’Evénement, lancé par des amis de Victor Hugo. L’éditorial appelait à la raison, à la modération, à la réconciliation, le tout dans un style très hugolien: « Parler au riche des droits du pauvre, au pauvre des droits du riche, à chacun de ses devoirs », pouvait-on y lire (1). Est-ce hors de notre portée, presque deux siècles après? A cette lumière on écoute avec intérêt ce que dit Thomas Buberl, le patron – allemand – d’une multinationale française, Axa (voir p. 70). Et là, surprise: à la question de savoir quelle pourrait être l’identité de cette Europe menacée aujourd’hui de fragmentation, ce dirigeant censé représenter le grand capital mise sur « la croyance…
Le Lévitique commence par un barbecue: « Puis on écorchera l’holocauste et on le découpera en ses morceaux. Les fils d’Aaron le prêtre mettront du feu sur l’autel et du bois sur le feu. » Iahvé: son goût bizarre pour les odeurs de viande grillée. Difficulté, pour un chrétien végétarien, de lire la Bible? Iahvé mange très salé, comme mon père, mes fils et moi. Au contraire de « L’Iliade » et de « L’Odyssée », des chapitres courts. L’âme serait dans le sang, raison pour laquelle il ne faut pas le donner et encore moins le vendre: on la perdrait. Quand on saute une ou plusieurs pages de la Bible, le sentiment de commettre un péché peut-être mortel. Le Lévitique: massacres incessants d’animaux (boeufs, taureaux, brebis, chèvres, moutons). Nadab…
Il y a trente-cinq ans, Raymond Aron s’effondrait, victime d’un arrêt cardiaque, à la sortie du palais de justice où il avait témoigné en faveur de Bertrand de Jouvenel, qualifié à tort de fasciste par Zeev Sternhell. Non seulement il était resté fidèle au projet intellectuel qu’il s’était fixé en 1930 d’éclairer l’histoire du XXe siècle, mais il avait sauvé l’honneur des intellectuels français. D’abord à Londres, dans les rangs de la France libre; puis au coeur de la guerre froide, face aux compagnons de route du stalinisme. Mais, si Aron est aujourd’hui reconnu comme l’un des analystes les plus pénétrants du siècle des idéologies, reste-t-il pertinent pour appréhender celui de la mondialisation? Le XXIe siècle paraît très éloigné du temps de la guerre froide et de la société industrielle.…
Les propos avaient suscité une vive polémique. En déplacement à Colombey-les-Deux-Eglises pour célébrer le 60e anniversaire de la Constitution de la Ve République, Emmanuel Macron avait, lors d’un bain de foule, fait cette réponse à une retraitée qui se plaignait de sa faible pension: « Le petit-fils du Général m’a dit tout à l’heure, en me faisant visiter La Boisserie, que la règle devant son grand-père était: “Vous pouvez parler très librement; la seule chose qu’on n’a pas le droit de faire, c’est de se plaindre.” Je trouve que c’est une bonne pratique qu’avait le Général. Le pays se tiendrait autrement s’il était comme ça. » A titre individuel, de très nombreux Français ont pourtant aujourd’hui de bonnes raisons de se plaindre. Les 7 millions de retraités affectés par la…
Mohammed Ben Salmane s’était présenté comme le modernisateur qui allait enfin guider l’Arabie saoudite dans l’ère du progrès. Le vernis libéral a fait long feu. L’impulsivité et l’agressivité du prince héritier de 33 ans déstabilisent un peu plus le Moyen-Orient, qui n’avait pas besoin de ça. Les actions sans vergogne de « MBS » exposent le royaume des sables à des risques politiques, militaires et financiers croissants. La disparition le 2 octobre de l’intellectuel dissident Jamal Khashoggi dans le consulat saoudien à Istanbul fait peser de lourds soupçons sur les autorités de Riyad. Selon les services turcs, le journaliste a été torturé, assassiné puis découpé en morceaux dans les locaux diplomatiques. Ce tragique épisode fait suite à une série de décisions saoudiennes aussi brutales que dénuées de sens stratégique. L’Arabie…