On parle beaucoup, à l’occasion du mouvement des gilets jaunes, de fracture sociale, mais aussi de fracture territoriale, avec la présentation d’une France coupée en deux : entre, d’un côté, une France des villes économiquement prospère et démographiquement dynamique et, de l’autre, une France des campagnes, pauvre et délaissée, aux habitants en proie à une double déprime, à la fois financière et morale.
Dans son dernier essai, « La revanche des villages » (Le Seuil), l’urbaniste Eric Charmes montre une réalité bien plus complexe. « La vieille opposition entre villes et campagnes est dépassée, écrit-il. Elle continue à dominer nos représentations, alors qu’elle ne donne plus sens aux réalités vécues. » Il relève notamment que, dans beaucoup de villes moyennes, la catégorie des hauts revenus est moins représentée que dans…