Poche. « Caucaurico! » Un jour de juillet 1925, la France enfanta Jean Cau. Prince de la vanne, maître de la caricature, champion de l’anecdote saugrenue, expert ès démolitions, celui qui, pendant dix ans, tapa à la machine les courriers de Sartre ne croque pas; il mord, dévore, embroche et fait rôtir ses proies comme des petits cochons. Quand il hait, il est immense. Exact, précis, implacable comme l’abîme. Pourra-t-on un jour se remettre de ses portraits de Malraux et d’Aragon? C’est mitraillées, catapultées, bombardées que les phrases et les idées boulent et roulent sur les grands fauves du siècle, de Lacan à Montherlant, de Wells à Camus, de Mauriac à Mitterrand. Sur eux et sur le temps, sur les lieux et les quartiers, Cau le caballero, l’hidalgo, le torero…
