Poche. Vivre, fuir, « recourir aux forêts », aurait dit Jünger, abolir le temps, renoncer à la cruauté des hommes, des régimes et de l’Histoire, marcher jusqu’aux étendues marines, croire en la tendresse, tout cela est possible. Au fil des livres, la traque d’Andreï Makine contre la bêtise et la bestialité humaines devient une quête; avec le temps, sa rage et son cœur tournent. Peut-être que le monde n’est pas inéluctable, que l’Homme n’est pas que sa voracité, qu’il peut encore créer des mondes poétiques. Comme souvent chez Makine, les voies et les voix narratives se superposent dans ce roman gigogne. Il y a un nazillon, sa mère, son manuscrit apocalyptique, l’écrivain à qui il a été confié, et un autre écrivain, narrateur, qui a tout à voir avec l’académicien…
