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Il paraît qu’un nouveau monde est en train de remplacer l’ancien et qu’il faut s’en féliciter, merci Amazon, merci Facebook et consorts. Sottises! Sans dire que c’était mieux avant, on peut au moins se demander si ça ne risque pas d’être pire après, au moins en ce qui concerne l’extension du domaine de la bêtise et le recul de nos libertés individuelles. Pour preuve, quelques petits faits récents, qui laissent pantois: souvent, l’avenir n’est que du passé qui recommence. Résumons. Comme au temps des « heures les plus sombres de notre Histoire » – pour reprendre la logomachie du camp du Bien –, les syndicats SUD et CGT de l’Éducation ont dénoncé publiquement Fatiha Agag-Boudjahlat, professeure d’histoire-géo et militante laïque, auprès de son recteur d’académie et du président du conseil…
Le grand mérite de Donald Trump – il faut bien qu’il en ait – est d’avoir mis en lumière un débat crucial: celui sur le pouvoir des géants du numérique. L’hôte de la Maison-Blanche, butor invétéré de Twitter, s’est vu suspendre son compte personnel pour avoir ajouté l’incitation à la violence à des torrents d’insanités et de mensonges éhontés. Surtout, Facebook (beaucoup plus gros que Twitter) a pris, en incluant sa filiale Instagram, des mesures similaires. On peut facilement se moquer de cette résistance vertueuse de la vingt-cinquième heure. Les plateformes, qui se disent simples hébergeurs quand cela les arrange – ce qui ne les astreint, par exemple, qu’à des obligations de moyens contre les propos racistes ou antisémites qui y pullulent –, se comporteraient soudain en éditeurs, c’est-à-dire décidant…
Je me souviens du restaurant. On y allait à midi, ou le soir. On y déjeunait seul, ou à plusieurs. On y dînait à plusieurs, ou seul. À table, on parlait de littérature, de politique, d’amour ou de contrats. Beaucoup de restaurants ouvraient tous les jours, midi et soir. D’autres ne servaient que le midi ou que le soir. À l’entrée de l’établissement, un homme nous souriait. Ou c’était une femme. Elle souriait aussi, mais moins. Quand c’était la propriétaire, elle souriait plus qu’un homme qui n’était pas le propriétaire. On avait réservé une table. Loin des W.-C. et des dessertes, pas trop près de l’entrée. Celle-là se tenait prête, sous sa nappe blanche, à nous recevoir. Mon souvenir le plus fort de ma première visite de Rome en été…
La prise du Congrès, le 6 janvier 2020, par les partisans de Donald Trump, que celui-ci avait lancés à l’assaut du Capitole afin d’empêcher la certification de l’élection de Joe Biden, n’a pas de précédent dans l’histoire des États-Unis. Faisant écho à l’appel de Mao durant la Révolution culturelle de faire « feu sur le quartier général », elle démontre que le despotisme est le stade suprême du populisme et souligne la fragilité de la démocratie, y compris aux États-Unis. Les séquelles de l’insurrection seront durables tant sur le mandat de Joe Biden – qui devra tenter de réunifier l’Amérique alors qu’une majorité des 74 millions d’électeurs de Donald Trump reste persuadée qu’il a remporté l’élection – que sur la vie politique et l’image des États-Unis. Car, sous la violence…
Il entendait restituer à l’Amérique sa grandeur: « Make America great again », disait-il. Hélas! Il l’a rapetissée comme aucun de ses prédécesseurs. Jusqu’au bout, Donald Trump a nié la légalité de l’élection de son successeur Joe Biden, malgré les 62 décisions de justice la confirmant. En propageant le grand mensonge de l’« élection volée », il a ridiculisé la valeur universelle de la démocratie libérale. Pire, en incitant les émeutiers à s’en prendre le 6 janvier aux élus du Congrès, qui validaient le scrutin, il a encouragé tous les autoritaires de la planète à violer les règles constitutionnelles. Le Turc Recep Tayyip Erdogan ne s’y est pas trompé, qui a raillé le spectacle offert par le « soi-disant berceau de la démocratie ». L’assaut de foules excitées contre un…
L’interminable et insoutenable fermeture des cafés – du commerce, notamment – fait le bonheur des chaînes d’information en continu, en donnant à leurs nombreux débatteurs une position quasi monopolistique sur le marché toujours porteur des brèves de comptoir. Des propos qui, mieux que les sondages, permettent de mesurer la grande versatilité dont l’opinion publique fait preuve face à la crise sanitaire. À l’image de ce chroniqueur de LCI qui, après avoir dénoncé, lors de l’annonce de Pfizer des résultats de ses essais vaccinaux, un scandaleux « coup de com » de la multinationale américaine destiné à faire monter son cours en Bourse, reproche aujourd’hui au gouvernement de ne pas lui avoir acheté davantage de doses. Ces coups de gueule témoignent du climat de défiance dont souffre la France depuis des…