L'hebdomadaire français d'information de référence. Avec rigueur, conviction et ouverture, Le Point analyse et prolonge en toute indépendance l'actualité politique, économique, sociale et culturelle en France et dans le monde.
L’agonie de l’Occident a-t-elle commencé? Les civilisations meurent aussi, et l’Histoire nous a montré qu’au début de la fin, les coups de boutoir venaient autant de l’extérieur que de l’intérieur. Observez comme l’Amérique et l’Europe sont aujourd’hui attaquées de toutes parts, en leur sein même, alors que l’avenir du monde ne s’écrit plus dans cet hémisphère, mais de l’autre côté de la planète, en Asie, nouvelle fabrique du futur qui, contrairement à nous, privilégie toujours le groupe par rapport à l’individu: la pandémie du coronavirus a ainsi prouvé l’inefficience occidentale. Un déferlement de haine de soi est en train de submerger notre Vieux Continent: les mouvements de contestation made in USA, comme le woke ou la cancel culture, déblatèrent frénétiquement contre notre modèle, prétendent censurer Babar et réclament sans cesse…
Dans une nouvelle intitulée Le Danger de rester au lit, le génial Mark Twain racontait l’histoire d’un voyageur qui achète systématiquement des billets de train assortis d’une assurance en cas d’accident. Mais ne voyant aucun sinistre venir, du moins pour lui, il s’interroge sur le bien-fondé de cet investissement. Il effectue donc des calculs savants quant à la mortalité sur les lignes de chemin de fer, pour s’apercevoir que, par passager, le risque était minime. Alors que, dans le même temps, des milliers de gens mouraient dans leur lit… Il décide en conséquence d’acquérir un billet simple, ne réclamant, à la stupéfaction du guichetier, une assurance que pour le lendemain, jour durant lequel il ne compte pas voyager… « Le danger n’est pas dans le voyage en train, mais réside…
Lareprésentation théâtrale commençait dans la rue. On se glissait dans un cinéma, mais on faisait son entrée dans un théâtre. On s’attendait sur le perron de l’établissement, comme à l’arrivée d’un train. On pouvait voir un film seul, c’était même souvent parce qu’on était seul qu’on allait voir un film, mais on allait au théâtre en couple ou en groupe. Une pièce se partageait, comme un repas. Le spectacle continuait dans la salle. Tandis qu’un cinéma accueillait les spectateurs dans la pénombre, ce qui favorisait les repris de justice venus passer un moment de détente entre deux cambriolages ou transports de stupéfiants, un éclairage violent balayait la salle d’un théâtre. C’en était parfois gênant. Sous cette lumière blafarde, tout le monde avait l’air de sortir d’un sanatorium. Les dames âgées…
Il y a au moins une chose que l’État sait parfaitement gérer, avec prévoyance, habileté et une logistique sans faille, c’est sa dette. Laquelle, il est vrai, ne connaît aucun souci d’approvisionnement et est à l’abri d’une rupture de stock. Quarante-sept années consécutives de déficit lui ont permis d’acquérir un très grand savoir-faire pour emprunter au meilleur moment et au moindre coût. Une nouvelle preuve en a été fournie il y a quelques jours avec l’émission de 7 milliards d’euros d’OAT (obligations assimilables du Trésor) d’une durée exceptionnelle, puisqu’elles seront remboursées dans plus de cinquante ans – le 25 mai 2072 pour être précis. Le taux incroyablement bas de 0,59 % consenti par les prêteurs témoigne de leur confiance dans la solvabilité à long terme de la France, donc de…
Selon un proverbe arabe, « deux choses ne s’apprécient bien que quand on ne les a plus: la santé et la jeunesse ». En 2020, la France a perdu la santé en se montrant incapable de maîtriser l’épidémie de Covid-19. En 2021, elle est en passe de perdre sa jeunesse. De même que la pandémie a brutalement ouvert les yeux des Français sur la dégradation de leur système de santé, qu’ils pensaient à tort l’un des meilleurs du monde, elle a dessillé ceux des jeunes en faisant la vérité sur l’effondrement du système éducatif et de la valeur de ses diplômes. L’arrêt des établissements scolaires durant le premier confinement puis la généralisation de l’enseignement à distance, notamment à l’université, ont provoqué une déscolarisation et une désocialisation de masse. Les inégalités…
Dès son entrée à la Maison-Blanche, le 20 janvier, Joe Biden a fait retirer le buste de Winston Churchill qui trônait dans le Bureau ovale. Au rancart, le Premier ministre britannique qui contribua pendant la Seconde Guerre mondiale à sauver l’Europe du totalitarisme! Le nouveau président lui a substitué le buste d’une immense figure afro-américaine du XXe siècle, Martin Luther King. Si la démarche est légitime, elle montre bien où sont les vraies priorités de Joe Biden. L’Europe n’en fait pas partie. L’Amérique en revanche, oui. Et aussi, la Chine. Joe Biden pense que c’est aux États-Unis que la liberté et la démocratie doivent d’abord être réparées. La diplomatie de Washington sera désormais subordonnée à cet objectif: contenter la classe moyenne américaine pour éviter le retour au pouvoir du national-populisme…