Paul Morand mis à nu
Au jour de sa réception à l’Académie française, en 1969, Paul Morand, 81 ans, confia à Josée de Chambrun, la fille de son ancien patron Pierre Laval, le soin de placer dans l’hémicycle ses vieilles maîtresses. Faiseur, l’auteur de Tendres Stocks n’était visiblement pas décidé à se refaire, et le jeune protégé de Proust, qui avait préfacé ce premier livre, ne semblait pas comprendre que le temps fait quelque chose à l’affaire. Il ne suffit pas d’être contemporain de soi-même, il faut l’être aussi des autres ; mais de ceux-là l’homme ne se préoccupait guère : carrière, argent, bolides, voyages, champagne et femmes à gogo, tape-à-l’oeil plutôt qu’au coeur, le tout noué dans des livres vite et bien troussés, voilà son monde. Comment ce lièvre…