Personne, au fond, ne saurait dire pourquoi le spectacle quasi enfantin offert par 22 garçons courant après une boule de cuir rassemble planétairement, une ou deux fois par semaine, beaucoup plus d’individus que toutes les religions du monde. De ce mystère – où la théologie, la métaphysique, le freudisme, l’argent, la lutte des classes et même le sport ont leur part – Olivier Guez est, aujourd’hui, l’herméneute le plus pertinent, le plus stylé, le plus délicieusement cinglé. Qui, en effet, peut comme lui citer Goethe pour évoquer la couleur bleue du onze uruguayen ? Qui, mieux que lui, saurait éclairer la généalogie du dribble par l’histoire de l’esclavage qui condamnait les natifs du Brésil à ne jamais entrer en contact avec le corps de leurs maîtres ? Et qui, sinon…
