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L’une des grandes spécialités françaises est le faux débat. Avec celui, ridicule, qui porte sur la déchéance de nationalité, nous voilà servis : tous les grands mots ont été convoqués, dans une ambiance de volière. Un faux débat peut en cacher un autre. Dans ce domaine-là au moins, les Français sont champions. Gageons que, sur leur lancée, nos grandes consciences réclameront bientôt une VIe République pour en finir avec… le terrorisme ! Allons-nous continuer longtemps à nous disputer sur le sexe des anges, alors qu’à l’évidence nous sommes entrés dans une nouvelle phase, dangereusement glissante ? Sans parler déjà de guerre civile, il est clair que notre pays est dans une mauvaise passe quand, en l’espace de quelques jours un commissariat parisien est attaqué au couteau par un exalté et…
Chers jeunes, En 2016, comme les années précédentes, nous allons vous prendre pour des imbéciles. Faute de vraie réforme du droit du travail, l’emploi restera réservé à ceux qui ont déjà leur CDI et, manque de chance, ce n’est pas vous. On continuera par ailleurs à fabriquer de la dette pour financer notre protection sociale, vous trouverez bien le moyen de régler la note plus tard. Ce qui est embêtant, c’est qu’on ne sait pas bien quoi faire de vous. Heureusement, il existe l’astuce du « grand plan de formation ». Au moins, vous débarrasserez le plancher des statistiques. Et comme cela ne suffira pas, ajoutons donc un peu de « service civique ». Bonne année ! Les « voeux à la jeunesse et aux forces de l’engagement » de…
Une nouvelle maladie apparut chez l’homme au début du XXIe siècle : la perversion narcissique. Elle se répandit à une vitesse fulgurante dans la gent masculine, tel le virus Ebola en Afrique ou la grippe aviaire chez les bovins. Chaque fois qu’une femme était sur le point de se mettre en couple avec un homme, voire de se marier avec lui, elle découvrait que, comme la plupart de ses ex-fiancés, ce n’était rien de moins qu’un pervers narcissique. Elle était du coup amenée à rompre et à se mettre en quête d’un nouveau partenaire en priant le ciel qu’il ne souffrît pas, lui aussi, du même syndrome : celui de la perversion narcissique. Dans les salons, au bureau, dans les bars, dans les restaurants, on ne parlait plus que de…
Il est rare qu’un ministre allemand des Finances fasse l’éloge d’un économiste français. Mais comme il l’écrit lui-même, Wolfgang Schäuble avait « plusieurs bonnes raisons » de préfacer la biographie de Jacques Rueff que le journaliste Gérard Minart vient de publier *. La première, c’est que celui qui élabora pour de Gaulle, en décembre 1958, un grand plan de redressement économique – lequel réussira au-delà de toutes les espérances – était un libéral. Certes, pas un libéral à l’anglo-saxonne, pas un intégriste du « laissez-faire, laissez-passer », mais un libéral à la française. Ou peut-être plus encore un libéral à l’allemande. Il n’est guère étonnant non plus de voir M. Schäuble, réputé pour son orthodoxie budgétaire et monétaire et haï pour cette raison même par une grande partie de la…
Selon un préjugé largement partagé, les présidents américains qui ne se représentent pas sont réduits au statut de canard sans tête – « lame duck » –, cantonnés à des fonctions de représentation d’un pouvoir qu’ils n’ont plus la légitimité d’exercer. Or cette idée reçue se révèle une idée fausse. Au cours de son ultime année de présidence, Ronald Reagan signa l’accord de libre-échange avec le Canada et fit ratifier le traité sur l’élimination des armes nucléaires intermédiaires ; Bill Clinton lança deux programmes majeurs de conservation des espaces naturels et de lutte contre la drogue tout en accordant à la Chine le statut de la nation la plus favorisée et en ouvrant largement le commerce avec l’Afrique ; George W. Bush engagea le retrait d’Irak et le programme de…
L’Italie est souvent l’objet de critiques moqueuses, elle fait partie des pays du « club Méditerranée », comme on dit, et, dans le monde scientifique, on méprise la recherche italienne selon un gradient nord-sud. Les Italiens eux-mêmes émettent des critiques acerbes sur leur recherche, assurant qu’il existe un manque de concurrence et éventuellement de la corruption dans la compétition pour les emplois et les dotations financières. Toutefois, en 2011, l’Italie a introduit une règle correctrice qui pourrait être implantée en France. Désormais, chaque candidat, avant son recrutement dans une université, subit une préévaluation au niveau national fondée sur trois critères objectifs : le nombre de papiers scientifiques publiés dans des journaux indexés, le nombre de citations obtenues par ces papiers et le H Index, qui mesure la moyenne de citations…