Le chien de garde, Bretzel, enfermé dans la pièce voisine, aboie à faire trembler les murs. Il faut s’asseoir avec son maître, Joann Sfar, pour que le molosse libéré, nous voyant paisiblement converser, vienne s’allonger, doux comme un agneau, à nos pieds. Comme si la bête avait mystérieusement compris ce que Sfar s’épuise à défendre dans son dernier ouvrage, Que faire des Juifs ? : aucune haine, aucune violence ne résiste, croit-il encore, à la conversation véritable.
Le succès de son précédent livre, Nous vivrons (1), écrit dans la sidération du 7 Octobre, avait mené Sfar, un peu partout en France, à la rencontre de ses lecteurs. « Les gens avaient besoin de parler, y compris de leur désarroi et de leur ignorance, et cela m’a redonné espoir, raconte-t-il. La…
