Douala, 1958, fin du mandat français, bal de la délégation. Dehors, le feu et le sang, l’insurrection noire, et dedans, la ouate blanche. Des administrateurs blixeniens, leurs épouses bovariennes, des aventuriers kesseliens qui les invitent à danser. « Il souriait en fumant, puis tendit la main à Madeleine. Elle s’excusa : “Non, je danse très peu, je ne danse pas bien.” Il insista et la tira vers la piste. » Tout commence par une photo retrouvée par Dominique Barbéris. On y voit une femme, sa tante, Madeleine, « sa beauté discrète et mélancolique ». Et, comme il ne faut pas laisser traîner tant de grâce silencieuse dans la main de Barbéris (née à Douala), ça continue en glissade romanesque, d’une élégance parfaite, sur le « fait mystérieux et obscur d’avoir vécu…
