Première certitude. L’Ukraine n’a pas perdu la guerre. Elle peut se voir, demain, contrainte à une mauvaise paix ou, pire, à une capitulation. Elle peut se voir forcée, si les États-Unis finissent par la lâcher, d’abandonner les territoires pour lesquels elle a consenti tant de sacrifices.
Mais je connais le terrain. J’ai filmé, en mars et avril derniers, dans les zones de Pokrovsk et Soumy, et, encore avant, à Bakhmout ou Tchassiv Yar, certaines des localités dont le Kremlin claironne, soir et matin, qu’il les a prises de haute lutte. Ce sont, quand il les prend vraiment, des prises minuscules et sans enjeu. Et, dans la plupart des cas, on ne les prend pas mais se contente d’envoyer, le temps d’une photo satellite, une unité motorisée d’une dizaine d’hommes que…
