Il peut paraître insolite, sinon malvenu, d’associer à Baudelaire le mot de « politique ». Car rien, dans sa vie, ne signale un engagement, ni même un intérêt, pour la politique entendue comme une activité, a fortiori, comme un métier. De ces points de vue, Baudelaire ne rencontre donc à aucun moment la politique au sens où, par exemple, un Chateaubriand se sera plu en ministre des Affaires étrangères de Charles X, un Lamartine, en membre du gouvernement provisoire issu de la révolution de 1848, ou plus encore, un Victor Hugo, en tribun parlementaire brillant sous trois régimes et héroïque opposant au second Empire. Non, pour établir le lien qui permet d’associer Baudelaire à la politique, il faut embrasser tout le XIXe siècle et méditer la formule qu’Albert Thibaudet, critique…
