Ville musée, ville théâtre, ville du carnaval, des jeux, de la fête, de l’érotisme, de la maladie et de la mort aussi, cité lacustre, Venise, navire de pierre aux styles hétéroclites, dont les palais « se dressent, émergent comme autant d’apparitions, dans une sorte d’élan pétrifié1 », est devenu un mythe pour autant qu’une ville puisse en devenir un, avec ses poncifs et ses clichés. La Cité des Doges, ville palimpseste, doit également son caractère mythique aux écrivains : ceux du xviiie siècle qui exprimèrent ce que cet empire finissant pouvait encore avoir de joyeux, de festif, sinon de léger. Puis, après la disparition définitive de la République, décrétée par Bonaparte le 12 mai 1797, ceux de la génération des romantiques, qui, sur les pas des gentilshommes éclairés du Grand Tour,…