LE TITRE, FAUSSEMENT LÉGER, du roman de Karine Tuil cache plusieurs niveaux de tragédie. L’Insouciance s’ouvre sur un chapitre entier de boucherie, une pluie de balles et un bain de sang. En Afghanistan, un bataillon français de chasseurs alpins est pris dans une embuscade, les talibans arrosent : « Ce n’est pas une décharge de chevrotine, ça ne vous tue pas, peut-être, mais ça déforme, ça détruit, lentement, froidement, comme une substance toxique et irradiante, mutant vers quoi? Un être supérieur, cuirassé, stoïque, rien ne l’ébranle, rien ne l’affecte, un de ceux qui résistent, un dur, blindage métallique, les yeux décavés à trop contenir l’effroi, il ne montrera rien, ne dira rien, impassible. » Le lieutenant Romain Roller est de cette trempe-là, imperturbable, mais ça ne le dispensera pas du…
